Affaire Ogowé Siffon : une enquête judiciaire aux lourdes implications politiques
Libreville, 24 décembre 2025.
L’ancien ministre du Tourisme, Pascal Michel Ogowé Siffon, a été placé sous mandat de dépôt et écroué à la prison centrale de Libreville, communément appelée Sans-Famille, à l’issue d’une longue procédure judiciaire. Son incarcération fait suite à plus de vingt heures d’auditions menées par les juges d’instruction, après son interpellation survenue le 16 décembre 2025, quelques heures seulement après sa démission du gouvernement.
Selon des informations concordantes, l’ancien membre du gouvernement est soupçonné d’avoir détourné plusieurs milliards de francs CFA destinés au développement et au rayonnement du secteur touristique gabonais. Les fonds concernés proviendraient notamment de ressources publiques, de dividendes issus d’établissements hôteliers réquisitionnés par l’État, ainsi que de provisions pour investissements diversifiés (PID).
L’enquête, conduite conjointement par la Direction générale de la contre-ingérence (B2) et les autorités judiciaires, aurait mis au jour un système de gestion jugé opaque au sein du ministère du Tourisme. Des circuits financiers parallèles, qui auraient servi à alimenter des comptes personnels, seraient au cœur des investigations en cours.
Au fil des auditions, Pascal Michel Ogowé Siffon aurait mis en cause de manière répétée Mme Liliane Ngari, secrétaire générale du ministère du Tourisme, qu’il présenterait comme une actrice centrale de plusieurs opérations financières litigieuses. Une confrontation entre les deux protagonistes aurait eu lieu le 22 décembre 2025, quelques heures avant l’incarcération de l’ex-ministre.
Le lendemain, Mme Liliane Ngari aurait de nouveau été entendue par les juges au tribunal de Libreville, lors d’une audition prolongée jusqu’en soirée. À ce stade, aucune communication officielle n’a permis de préciser les suites judiciaires la concernant, un silence qui alimente interrogations et spéculations dans l’opinion publique.
En interne, certaines sources évoquent la volonté de faire de ce dossier un cas emblématique de la lutte contre la corruption, afin de démontrer que nul ne saurait être au-dessus de la loi, indépendamment de sa fonction ou de ses liens familiaux. À défaut, les soupçons d’impunité au sommet de l’État risqueraient de se renforcer durablement sous la Ve République.
Désormais détenu, Pascal Michel Ogowé Siffon attend la suite de la procédure judiciaire. L’évolution du dossier, notamment concernant les autres personnes citées, sera suivie avec attention, tant elle engage la crédibilité de la justice gabonaise et la réalité de la lutte contre la corruption engagée durant la Transition.
La tribune du bled






